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Collectionner à deux : Nélie Jacquemart et Édouard André

Une collection peut être formée à plusieurs : parfois transmise d’une génération à l’autre, elle s’enrichit et évolue, parfois elle est créée par un couple, un duo. Quel meilleur exemple que celui de Nélie Jacquemart et Édouard André dont la collection continue d’exister aujourd’hui, toujours présentée dans son écrin d’origine.

Édouard André est issu famille de banquiers protestants. Il commence à collectionner dans les années 1860. Il épouse Nélie (née Cornélie) Jacquemart lorsque sa santé commence à décliner. Ce mariage de raison va aboutir à la naissance d’une collection à quatre mains. Nélie quant à elle vient de la petite bourgeoisie. Artiste peintre, elle présente des œuvres au Salon et se fait une place comme portraitiste mondaine. Elle a notamment fixé les traits d’Adolphe Thiers. Après son mariage, elle met un terme à sa carrière de peintre pour se consacrer à celle de voyageuse et collectionneuse. Ensemble, ils partent explorer l’Italie et le Proche Orient, seule elle ira en Angleterre mais aussi jusqu’aux Indes. Elle projetait un voyage en Chine et au Japon avant de rentrer précipitamment en France pour faire l’acquisition de l’Abbaye de Chaalis. À sa mort, elle lègue ses possessions et sa collection à l’Institut de France, en exprimant le souhait de voir les œuvres devenir accessibles au public.

La collection et son hôtel

C’est avant son mariage qu’Édouard André fait construire cette habitation splendide. Il charge Henri Parent du projet, architecte très à la mode autour de la Plaine Monceau dans laquelle, suite au percement du boulevard Haussmann, se multiplie les prestigieux hôtels particuliers. L’originalité du plan de Parent est d’exploiter le nivelé de la parcelle et de proposer un hôtel en retrait sur la rue avec une terrasse qui surplombe cette-dernière. L’entrée ne se fait pas au centre, mais sur un côté qui conduit par une rampe à l’arrière de l’hôtel où la façade principale se découvre, presque par surprise, au visiteur. A l’intérieur de l’hôtel, boiseries, cheminées et meubles anciens de style Louis XIV, Louis XV et Louis XVI habille les pièces, pour un effet éclectique cher à la fin du XIXe siècle. Parmi les éléments marquants de la demeure : un magnifique escalier à double révolution et un très élégant jardin d’hiver, baigné de lumière par la verrière.

Les choix de collection

La collection du couple est sous-tendue par différents axes : bien sûr, la peinture du XVIIIe siècle est très bien représentée, que ce soit à travers les peintures rococo claires et légères d’un Boucher ou à travers les accents plus austères d’un portrait de David. On trouve aussi en bonne place, le XVIIe siècle hollandais et évidemment « le musée italien », pour lequel Nélie défend l’école de Florence quand Édouard préfère les artistes vénitiens. Ainsi, la richesse de leur deux regards conjugués n’a cessé d’embellir l’œuvre de leur vie : leur collection.

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