Artemisia

De la fête…

De l’ostentatoire

Les fêtes comme les kermesses ou les noces sont des sujets qui présentent un intérêt certain lorsqu’on aime les plaisirs de la table; dès le Moyen Âge, on retrouve dans les enluminures des scènes de repas dans de grandes salles. Si notre attention est attiré par les convives, leurs atours, les ménestrels en action, on s’interroge aussi sur les us et coutumes des repas comme par exemple le fait d’apporter ses propres couverts ou encore l’absence d’assiette personnelle. 

Fig 1 : Jean de Beka, « Banquet chez Guillaume III» Folio 148 v dans Chronique de Hollande – Bruges, 1455 ?-1460?, Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le dressoir (fig. 1 à gauche de l’image), parfois appelé buffet présente la vaisselle d’exception, on l’expose, c’est un meuble d’apparat, d’ostentation. On y trouve pêle-mêle de l’orfèvrerie et quelques objets liés au statut social. 

L’ostentation s’est diversifié au fil du temps, outre la belle vaisselle, le sel et certains mets de luxe font leur apparition sur le buffet (fig. 2 : le sel se présente sous forme de petite pyramide),

Fig. 2 : Giulio Romano (v.1499 -1546)
, détail du buffet d’ostentation dans Le Banquet nuptial d’Amour et Psyché, vers 1526-1534, Palais de Té, Mantoue.

et le comportement de l’ivresse également, comme on peut le voir dans la représentation du Banquet nuptial d’Amour et Psyché (fig. 3). 

Fig. 3 : Giulio Romano (v.1499 -1546),Le Banquet nuptial d’Amour et Psyché, vers 1526-1534, Palais de Té, Mantoue.

Le Molenbeker ou Gobelet à moulin

Fig. 4 : Gobelet à moulin, poinçon d’Anvers, 1616-1617, argent, hauteur : 22,8 cm, 156 g, Château de Seneffe, Seneffe.

L’ivresse, l’alcool ne se retrouvent pas que sous forme de coupes, de bouteilles et de hanaps à poser sur le buffet … en attendant une consommation prochaine. Dans les régions de Flandre, les orfèvres s’amusent à créer des pièces pour le délassement des convives, l’étiquette stricte qui codifie le arts de la table se met en place, mais l’ivresse se veut ludique. Le molenbeker ou gobelet à moulin (fig. 4) en est un exemple et la règle du jeu reste très simple : vider la coupe le plus rapidement possible ! 

Le gobelet se présente en deux partie, la première est la coupe pour le liquide, elle évoque une colline; la deuxième partie est la représentation d’un petit moulin avec une échelle, le meunier, une horloge et même les ailes du moulin. Ces dernières tournent grâce au bec dans lequel il faut souffler pour démarrer la rotation de celles-ci. Le joueur a la coupe bien remplie, il souffle dans le bec pour faire démarrer les ailes du moulin et doit finir son verre avant l’arrêt des ailes… en cas d’échec, le cadran horaire joue le rôle d’indicateur de nombre de verres à boire… l’ancêtre du jeu à boire.

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