Artemisia

Si les Objets d’Art pouvaient parler, mon obsession

Ci-dessus : Judith décapitant Holopherne (attribué au Caravage et à Louis Finson) retrouvé en 2014 dans un grenier à Toulouse.

Qui n’a jamais rêvé qu’un jour la Joconde, la Victoire de Samothrace ou un objet de famille ne l’interpelle et ne lui dévoile dans un murmure son secret, comme à un ami de longue date ?

La destinée des œuvres nous intriguent et nous fascinent

De longue date en effet… ces œuvres entourent notre quotidien, au gré de nos visites muséales,  de nos city-trips, en nos intérieurs, elles traversent les années, les siècles et voire des millénaires pour certaines. Si leurs destinées nous intriguent et nous fascinent, que dire de tout ce que ces œuvres ont dû vivre, subir et entendre, de la violence d’une révolution au moment plus délicat et intime du cadeau offert ?

Le destin de certains objets d’art fut d’accompagner les morts dans leur dernière demeure, pour certains d’être façonnés à l’image des dieux et déesses pour être honorés, adorés et priés. D’autres furent inventés pour faciliter notre quotidien (“comme c’est commode !” s’écria Louis XIV en voyant la toute dernière création d’André-Charles Boulle), embellir un intérieur, rehausser de tous feux et éclats la beauté des femmes, susciter la convoitise avec ses drames et tragédies que l’on connaît. Les objets témoins d’une époque sont nos humbles gardiens du temps qui passe.

Les clefs de cette transmission nous sont offertes par l’Histoire de l’Art avec un grand H et un grand A. Grâce aux recherches de celle-ci, nous abordons les concepts et dimensions de la création artistique de l’homme et de la femme ; une quête sans fin, jalonnée de surprises. Nous continuons d’apprendre inlassablement grâce aux nouvelles découvertes et avancées scientifiques.

Les objets d’art, si généreux dans leur beauté attractive, le sont moins dans le partage de leur passé : ils ne parlent pas !

La compréhension de leur histoire peut être la quête de toute une vie et qu’est-ce qu’une vie si l’on se réfère à la conception élastique du temps de ces objets ? Ils ont le temps, ils le défient même ! Certains resteront classés encore longtemps dans les Cold cases.

L’homme et la femme créent des oeuvres, puis ils disparaissent. L’objet d’art, unique et intemporel, reste et vit sa vie d’objet : créé, donné, utilisé, collectionné, abandonné, troqué, usé, cassé, réparé, rafistolé, relégué, truqué, falsifié, transformé, copié, restauré, adulé, convoité, aimé, détesté, déboulonné, jeté, donné, caché, pillé, volé, retrouvé, récupéré, réhabilité, restitué, hérité, adjugé, conservé…

Une passeuse de passion

Ma passion pour les objets d’art me vient d’aussi loin que mes souvenirs remontent. J’en ai fait mon métier et j’ai vendu bon nombre d’objets tout au long de ma carrière.

Me définissant comme une passeuse de passions, j’ai un respect sans borne pour la création humaine, je me dois de lui rendre hommage et respect, je me sens comme missionnée.

Cette délicate transmission nécessite un travail de recherche et de préparation, et à l’instar d’une enquête policière, tout objet a son mystère à percer ; pour bien le transmettre, il nous faut en trouver les secrets.

Et si nous nous lancions maintenant dans le concret ? Voulez-vous connaître l’aventure du secrétaire russe certainement offert à Marie-Antoinette juste avant sa fuite pour Varennes ? Le récit du tableau du Caravage caché dans un grenier ? L’épopée de la Dame d’Auxerre retrouvée figurante sur une scène de théâtre ?

Je vais tenter de vous raconter leurs histoires et péripéties à travers Artemisia Mag car, vous l’aurez compris, faire parler les objets est mon obsession. Leurs histoires seront les plus belles à vous raconter puisque, invités intimes de plusieurs vies, ils se sont chargés d’un vécu séculaire.

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