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Après Julio Le Parc, l’art cinétique perd une autre légende : Yaacov Agam s’est éteint à 98 ans

Intro.

En l’espace de quelques semaines, l’histoire de l’art perd deux de ses plus grandes figures du mouvement et de la perception. Après Julio Le Parc, c’est désormais Yaacov Agam qui disparaît à l’âge de 98 ans. Pionnier de l’art cinétique et de l’Op Art, l’artiste israélien a révolutionné la relation entre l’œuvre et son spectateur, transformant l’acte de regarder en expérience vivante, mouvante et interactive.

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Fontaine MonumentaleYaacov Agam (1977)
Installation pérenne : émail de venise, jets d’eau, musique
La Défense, Courbevoie/Puteaux

Une figure fondatrice de l’art cinétique disparaît

Quelques semaines après la disparition de Julio Le Parc, le monde de l’art est à nouveau en deuil. Yaacov Agam, pionnier majeur de l’art cinétique et de l’Op Art, est décédé en Israël le 21 juin 2026 à l’âge de 98 ans. Figure incontournable de l’abstraction géométrique du XXe siècle, Agam aura profondément transformé notre rapport à l’œuvre d’art, en y intégrant le mouvement, le temps et surtout la participation du spectateur.

Là où la peinture traditionnelle fige une image, Agam cherchait au contraire l’instabilité visuelle : ses œuvres changeaient selon l’angle de vue, la lumière ou le déplacement du visiteur. Pour lui, une œuvre n’était jamais achevée tant qu’un regard ne venait pas l’activer.

Quand l’art devient mouvement

Né en 1928 à Rishon LeZion, alors en Palestine mandataire, Yaacov Agam (né Yaacov Gipstein) étudie d’abord à la Bezalel Academy of Arts and Design avant de poursuivre sa formation à Zurich. Installé à Paris à partir des années 1950, il s’impose rapidement comme l’un des inventeurs d’un langage artistique radicalement nouveau.

Ses créations mêlent couleurs vibrantes, formes modulaires, reflets, lumière et structures en relief. Son travail repose sur une idée simple mais révolutionnaire : l’œuvre change avec le spectateur. Chaque déplacement produit une nouvelle composition visuelle.

Cette approche fera de lui l’un des pères de l’art cinétique, aux côtés de Victor Vasarely, Jesús Rafael Soto et, plus tard, Julio Le Parc.

Un héritage majeur dans l’histoire de l’art

Les œuvres de Yaacov Agam figurent aujourd’hui dans les collections des plus grandes institutions, notamment le Centre Pompidou, le Museum of Modern Art et le Solomon R. Guggenheim Museum. En France, son célèbre Salon Agam, conçu pour les appartements privés de Georges Pompidou à l’Élysée, reste l’un de ses ensembles les plus emblématiques.

Avec la disparition successive de Julio Le Parc puis de Yaacov Agam, c’est toute une génération d’artistes ayant redéfini la perception visuelle qui s’efface. Leur héritage demeure pourtant profondément vivant : dans un monde saturé d’images fixes, ils nous rappellent que voir est toujours une expérience en mouvement.

Infos. visuel couverture

Portrait de Yaacov Agam
Stanley I. Batkin (1991)
Musée d’Israël, Jérusalem

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