Artemisia

Humanisme soignant, un art singulier

Si on évoquait les  infirmières, vous savez celles qui risquent leurs vies pour nous.

Au Moyen-Âge, le modèle dominant de la femme soignante est la religieuse. Elle se dévoue à la prière et soigne les souffrants mais sans prodiguer de “soins” au sens médical du terme. On est donc en noir et blanc avec une coiffe bien entendu, le tout en toile et laine.

Au XIXe siècle l’hôpital  devient une institution publique et laïque et la création de la première école d’infirmière est crée en 1878. Le noir était à cette époque la couleur des notables et de l’autorité et l’assistance  publique exprime sa dignité avec la couleur noir. Les lignes restent proches de la tenue des soeurs, mais organisation publique oblige, la coiffure est modifiée. Les découvertes de Louis pasteur sur les microbes va bouleverser l’hygiène. Les uniformes des soignants doivent bouillir quotidiennement, seule la couleur blanche résiste donc c’est sa mise au premier plan.

Début XXe, lors de la Première Guerre mondiale, les femmes s’enrôlent pour devenir infirmières devant l’extrême besoin. Les tenues sont achetées dans les Grands Magasins, faites à la maison avec l’aide de patrons, ou par des couturiers connus en fonction du rang de chacun. La femme dans cette guerre va acquérir de  l’indépendance.

Dans les années 60, la blouse de l’infirmière se raccourcit elle aussi, et les manches plus courtes simplifient les soins et le lavage des mains. Le pantalon rentre timidement à l’hôpital. Les textiles synthétiques font leur apparition, ils permettent l’introduction de la couleur. Mais un code couleur finit par s’imposer pour différencier les professionnels et les services. Le blanc pour les médecins et les infirmières, le rose pour les sages-femmes et la petite enfance. Au bloc, les chirurgiens s’habillent en bleu ou en vert, les deux couleurs sont moins réfléchissantes au bloc opératoire. Un badge sur le haut de la blouse indique un nom, un statut, une fonction.

En 1970, un autre grand nom de la mode, Pierre Cardin, crée une ligne destinée au personnel du nouvel hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt en région parisienne. Elle répond aux contraintes techniques du personnel. Mais douche froide pour Cardin, sa collection est jugée trop excentrique et futuriste, elle est tout simplement refusée. Mais il prend prend sa revanche en 1986 et conçoit une nouvelle ligne “santé” très colorée. Sa collection est distribuée par une marque de vêtements professionnels jusqu’en 2002 mais peu vue sur le terrain…

Le monde médical a inspiré les créateurs de mode pour leurs collections couture, Gauthier, Castel Bajac, Marc Jacobs …

Aujourd’hui, l’uniforme est encadré par un corpus de règles d’hygiène, d’ergonomie et de confort et le fonctionnel prévaut. Aujourd’hui, plus de coiffes, plus de robes, pour les infirmières ; seule une blouse souvent blanche ou verte/bleue suivant les services. Les talons sont bannis car peu pratiques et responsables de douleurs musculaires. Les crocs en caoutchouc sont devenues les chaussures de soignants par excellence, faciles à laver et désinfecter. La lutte contre les infections nosocomiales est une priorité c’est pourquoi la tunique-pantalon est changée tous les jours dans les services hospitaliers .Tout comme les vêtements de ville, ils sont adaptés aux différentes morphologies et sont fait de plusieurs matières aux propriétés différentes (tissu antitranspirant, 100% coton, matière extensible, ou adaptées aux peaux sensibles…). Même si certains uniformes s’inspirent du prêt à porter pour mettre le malade en confiance, la prévention des risques infectieux prime désormais sur tout.

Les avancées technologiques et la recherche en design textile sont les nouveaux paramètres à prendre en compte aujourd’hui dans l’évolution de la tenue du personnel infirmier.

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